C'est la modernité ! Autrefois tissées
avec des fils teints à la couleur, les étoffes
du 12e siècle sont à présent trempées
dans le pot de teinture, après tissage, permettant de
multiplier les trouvailles, donnant naissance à toutes
sortes d'expériences et de nouvelles couleurs ! Les procédés
de mélanges, l'étude des réactions chimiques
dans le bain de pigments suscitent l'inventivité des
teinturiers et marchands de couleur. Ainsi nait le "grand
teint", à la couleur saturée imprégnée
de nitrates, par la chimie de l'eau à la minéralogie
finement étudiée, la toile prend des couleurs
en fonction des saisons, le bon débit de la rivière
se fait garant de l'importance et de la qualité de la
production. Chaque pièce de tissu prend part à
sa couleur, chaque fois différente selon le textile et
sa préparation, de la grosse toile coton aux fines étoffes
de laine, en passant par la jute, le chanvre et puis le lin.
Au pilon fait de bois on foulera la toile, pendant de longues
journées pour lui donner sa force et sa solidité,
après le mordançage la couleur se fixe, les toiles
écrues s'abreuvent de couleurs bigarrées. De guède
(bleu), de garance (rouge) ou de brésil jaune orangé),
les couleurs passent de pièce en pièce avant de
s'allonger sur les fils et tiroirs, pour se faire sécher,
là-haut dans les séchoirs. (On tendra de grandes
cordes à linge où des pièces d'étoffes
de différentes matières recevront la couleur par
éclairage changeant ondoyant en couleur).
* Illumination uniquement durant la fête de la lumière