La rivière traverse la ville, filant
vers le nord en coulant sous mes arches, moi autrefois Grand
Pont le bien nommé de la rue du Chat qui Pêche,
me voilà Pont Bouju, plus modeste et du nom d'un habitant
du cru. J'ai porté sur mes arches et jusqu'à l'avant
dernier siècle, grand nombre de demeures alignées
sur mes flancs. Ma situation privilégiée a fait
longtemps de moi le passage important, campé sous le
château des Comtes, j'ai depuis treize cent contrôlé
la basse-cour et ses fortifications. J'ai porté un moulin,
le four des chanoinesses et la foule immense en marche vers
la haute ville. Le courant violent a descellé mes joints
et emporté mes voûtes, un jour de 1837. J'y ai
gagné une nouvelle jeunesse. Me voilà aujourd'hui
à nouveau maître du chemin vers la cathédrale.