" Je n'ai jamais change de nom, mais
l'église à qui je dois mon patronyme a tristement
disparue après avoir servi de salle commune aux fameux
sans?culottes. Ils l'ont laissé démanteler sans
le moindre état d'âme. Moi, je suis le Pont St
Hilaire, au carrefour de la route de Paris et de celle d'Orléans,
je livre la ville aux voyageurs venant du Sud, ceux de la plaine
de Beauce et des greniers à blé. Après
les durs bombardements de ce mois d'août de guerre, je
suis l'un des seuls à être resté intact
sur ce côté de l'Eure et j'ai prêté
mon dos vieux de plus de huit cents ans à ces forces
alliées pour passer la rivière et aller d'un bon
pas, libérer la capitale. Je suis le chemin qui mène
à la haute ville par-devant l'abbatiale de Saint Père,
oui, jadis l'un des plus riches monastères de cette belle
ville. Les arcs de lumière de l'église Saint Pierre
attestent encore aujourd'hui de nos gloires passées ".